Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 16:09

IMG_0245.jpgSi l'on en croit beaucoup, cela viendrait de la fameuse bataille de Kosovo Polje, en 1389, considérée par les Serbes comme l'évènement fondateur de la Serbie. D'après eux, la défaite qu'ils auraient subie à ce moment là face aux Ottomans marquerait le début de l'asservissement de la Serbie, une Serbie cependant désormais unie.

Il s'agit déjà d'une drôle de conception de la nation, sachant que l'importance même de cette bataille est soumise à controverses, et qu'il n'en est pas sorti grand chose, si ce n'est que les deux chefs de la bataille, le sultan Murat pour les Ottomans et le tsar Lazar Hrebeljanović pour les Serbes y sont morts. À part cela, il y a eu peu de conséquences directes, étant donné que les Ottomans, bien qu'étant vainqueurs de la bataille, ont préféré ne pas s'avancer plus loin en territoire serbe, vu que le pouvoir politique de l'empire était affaibli par le décès de Murat. Ce n'est que quelques temps plus tard que l'annexion se fait réellement, mais de manière plus pacifique, avec une union scellée par le mariage entre la fille de Lazar, Olivera Despina, avec le nouveau sultan Ottoman Beyazıt.

 Ainsi donc, selon la manière dont on voit les choses, on pourrait dire que les serbes considèrent comme événement fondateur de leur nation une bataille qui n'a pas servi à grand chose, alors que l'annexion à l'empire Ottoman de la Serbie n'est que le résultat d'un coït entre une princesse serbe et un sultan ! Mais pourquoi donc y attachent-t-ils tant d'importance alors? Je crois qu'il s'agit là des mêmes raisons qui ont poussé les français à dire que leurs ancêtre étaient les gaulois ! Lorsque vous voulez justifier de la cohésion de votre pays, l'histoire est une chose facile à manipuler. Si vous arrivez à trouver un événement historique prouvant que cela fait déjà longtemps que le pays existe, bien qu'il ne soit pas uni, ou qu'il soit annexé, un événement de ce genre est l'idéal. Le mythe gaulois en France, ainsi, a commencé à être véhiculé dès la fin du Moyen-Âge, lorsque les capétiens cherchaient à agrandir leur territoire. De même, les serbes ont commencé à créer le mythe de la bataille de Kosovo Polje au début du XIXème siècle, afin de justifier leurs revendications indépendantistes face aux Ottomans. Il ne s'agit donc en fait que d'un pur opportunisme politique.

La raison politique... je crois que c'est aussi ce qui a motivé plus de 150 ans plus tard Milošević lorsqu'il a accéder au pouvoir. Qu'il soit bien clair d'une chose, il n'était pas un nationaliste, juste un jeune loup aux dents qui rayaient le parquet. Il n'a jamais, au cours de sa jeunesse, été membre d'un quelconque mouvement nationaliste serbe. Au contraire, il a dès son plus jeune âge été cadre au sein du parti communiste yougoslave, à une époque où Tito, c'est-à-dire la tête du Parti, ne tolérait aucune forme de revendication nationale, particulièrement venant de la Serbie (nous y reviendrons plus bas.). Il a poursuivi sa carrière, jusqu'à devenir au milieu des années 80 président de la branche serbe du parti communiste yougoslave.

Mais ceci ne suffit pas au jeune Slobodan : il veut plus de pouvoir, particulièrement celui détenu par son grand ami de toujours, Ivan Stambolić, président de la république fédérée de Serbie. Pour s'en débarrasser, il va profiter de la situation économique désastreuse pour utiliser une méthode vieille comme le monde : agiter les nationalistes. Grâce à une campagne savamment menée avec l'appui des médias, il se fait passer rapidement pour le sauveur de la Serbie en réveillant un nationalisme enfoui pas très profondément. Et de quoi va-t-il se servir ? Du Kosovo, évidemment ! Et cela va marcher, à tel point qu'il arrive rapidement à faire démissionner Stambolić pour lui prendre sa place à la tête de la Serbie.

C'est assez finement joué de sa part que d'utiliser cette province, vu que de ce fait, il met aussi un terme à un autre obstacle qui bloquait sa route. Milošević veut plus que la Serbie, il veut le contrôle de la totalité de la Yougoslavie. Le problème pour lui, c'est que ces aspirations s'opposent aux mécanismes qu'avait mis en place Tito. L'un des plus gros travaux politiques du maréchal à la fin de son règne a été de juguler le nationalisme serbe. Il s'agissait d'un problème important, dans la mesure où les serbes dominaient la Yougoslavie d'avant-guerre, et qu'ils voulaient absolument retrouver cette domination. Or, la République Fédérale de Yougoslavie était conçue de telle sorte qu'ils pouvaient presque obtenir cette domination dans les années 60. Il y avait en effet dans le pays deux camps, le pro-serbe, constitué de la Serbie et de ses « cousins » macédoniens et monténégrins, pays traditionnellement orthodoxes, et de l'autre un camp beaucoup plus opposé à la Serbie composé de la Slovénie, de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine. Chaque république fédérée ayant une voix, il y avait donc égalité, mais pas tout à fait, sachant que la Bosnie-Herzégovine était tellement multiethnique que son alliance avec les Croates et les Slovènes était sujette à revirement. Pour faire face à cela, Tito va utiliser deux provinces serbes aux aspirations traditionnellement sécessionnistes : la Voïvodine et... le Kosovo ! C'est ainsi que furent crées en 1974 deux « provinces autonomes », disposant de presque tous les droits des républiques fédérées (sauf celui de demander l'indépendance), et possédant surtout un droit de véto sur les décisions prises par la République Fédérée de Serbie. Il s'agissait là d'une très bonne tactique, vu que désormais le camp « anti-serbe » était supérieur au camp pro-serbe, d'autant plus qu'il était certain que le Kosovo, déjà à majorité albanaise malgré les multiples tentatives de « reserbisation » que Belgrade avait entreprises au cours du début du XXème siècle, n'allait jamais se plier à ce que lui demandait la Serbie.

Ainsi donc, en utilisant le Kosovo pour raviver les flammes nationalistes serbes, Milošević peut aussi inverser le mécanisme mis en place par Tito. Se servant de la foule serbe, il parvient à accéder au poste de président de la république fédérale de Yougoslavie, avant de réussir à supprimer l'autonomie accordée à la Voïvodine et au Kosovo. Le voici donc devenu maître d'une Yougoslavie dont il a pris la tête grâce à des manœuvres politiciennes dont la base est le Kosovo. La suite, on la connaît tous... l'histoire se finira en 1999 avec plusieurs centaines de milliers de morts au compteur. Et le pire là-dedans, c'est que le fiel qu'a répandu Milošević continue de couler en Serbie lorsque l'on voit l'attachement qu'ont une bonne partie des Serbes à cette terre qui pourtant n'est quasiment plus peuplée que par des Albanais... Il faudra d'ailleurs que je fasse un article sur l'indépendance du Kosovo, un de ces jours...

Pour résumer, l'attachement au Kosovo dont fait preuve la Serbie, particulièrement celui que nous connaissons actuellement, n'est que le résultats de manipulations politiciennes instrumentées par un homme avide dont la seule préoccupation était de conquérir le plus de pouvoir possible. Pour réussir dans son entreprise, il s'est appuyé sur le nationalisme de son peuple, en profitant du terreau de la crise économique. Le résultat en a été près de huit ans de guerre entre 1991 et 1999...

P.S. : sur la photo, le graffiti de papillon que l'on peut voir est en fait un SSSS, l'emblème du nationalisme serbe que quelqu'un a barbouillé afin de le transformer en un paisible papillon !

Par Jerome Cid
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 13:46
Après une longue absence dont je m'excuse, me revoici !

Au cours de ces vingt dernières années, la tendance en Europe a été à l'abolition des frontières : plus de rideau de fer, plus de contrôles dounaiers, plus de contrôles de police aux frontières (internes) de l'UE, bref, welcome to Schengen ! En ex-Yougoslavie, c'est le contraire. Vu qu'il n'y avait autrefois qu'un seul pays, il n'y avait pas de frontières internes... Désormais, il y a huit pays, les frontières qui vont avec, et les problèmes que cela implique au niveau des formalités. Théoriquement, un simple passeport, voire une carte d'identité dans certains cas suffit à un résident de l'un des pays pour voyager dans l'un des autres, sauf que l'espace Schengen est venu foutre un gros bordel là-dedans ! La Slovénie, rappelons-nous, est désormais dedans. De ce fait, elle applique les mêmes règle que n'importe quel autre Etat de l'UE pour les ressortissants de l'ex-Yougoslavie. Ainsi, les Croates n'ont besoin que d'un simple passeport pour y rentrer, tout comme, et ce depuis le 19 décembre dernier, les Serbes, les Monténégrins et les Macédoniens. Les Bosniens et les Kosovars, par contre, eux, sont toujours soumis au régime du visa, et doivent donc se coltiner l'administration bête et méchante d'Etats qui les considèrent comme la poubelle de l'Europe. On saluera au passage le tact de l'espace Schengen dans son traitement égalitaire de la question yougoslave, d'autant plus que les Croates de Bosnie, les Serbes de Bosnie et du Kosovo, eux, ont la double nationalité, ce qui leur donne désormais le droit d'aller et de venir en UE-schengen, alors que les Albanais du Kosovo et les Bosniaques, eux, ne l'ont pas. Ainsi donc, nous venons de créer de nouvelles égalités dans la région, au nom de "la protection des frontières".
 

Mais bon, cela, la plupart d'entre nous s'en fiche complètement, vu que nous sommes du bon côté de la barrière. Cependant, au Kosovo, tout n'est pas forcément aussi simple pour un étranger made in Schengen ! L'entrée et le séjour au Kosovo ne posent pas de problèmes en soi : un passeport suffit pour rentrer, et vous avez juste à vous faire enregistrer à la police aux frontières si vous restez plus de trois mois, vous n'avez pas même besoin d'un visa. Bon, ça, c'est le bon côté ! Le problème, c'est les rapports entretenus avec la Serbie ! Bien évidemment, les serbes ne reconnaissent pas le passeport Kosovar, mais même si vous n'êtes pas Kosovar, la Serbie va vous faire quelques misères ! Quelle que soit la frontière par laquelle vous rentrez en Serbie, les policiers vont regarder attentivement votre passeport. Si vous avez dessus des tampons kosovars, d'une part, vous vous exposez à être inspectés de manière plus attentive de l'oeil noir du policier, et d'autre part, ce même policier va « annuler » vos tampons ! Concrètement, ça veut dire qu'il va tamponner les tampons kosovars d'un tampon sur lequel apparaît en gros ANNULE en serbe, et en français. Dans la pratique, voilà ce que ça donne sur une double page remplie presque totalement de tampons kosovars.  

tampon.JPG

Certains policiers aiment tellement leur boulot qu'ils retamponnent quelques uns des tampons une deuxième fois! . Mais cela n'est pas tout. Ca, c'est encore amusant comme anecdote. L'autre règle que les serbes appliquent, elle, est beaucoup plus ennuyeuse. La Serbie ne reconnaissant pas le Kosovo comme indépendante, elle considère que, lorsque vous rentrez au Kosovo, vous rentrez illégalement sur le territoire serbe. De ce fait, si vous voulez franchir la frontière dans le sens Kosovo-Serbie, vous devez impérativement posséder un visa serbe, ou un tampon serbe d'entrée de moins de 90 jours. Pourquoi 90 jours ? Tout simplement parce que c'est la durée maximale de séjour sur le territoire pour un ressortissant de l'espace Schengen sans avoir à faire de visa. Sans quoi, dans le meilleur des cas, vous serez refoulé au check point. Dans le pire des cas, on vous laissera rentrer, en revanche, on ne vous laissera pas sortir pour cause d'entrée illégale sur le territoire. En tout cas, on ne vous laissera pas ressortir simplement !


Cette législation n'est pas sans poser des problèmes aux internationaux du Kosovo voulant se rendre en Serbie, et cela donne lieu à un étrange ballet qui a lieu chaque week-end. Par voitures entières, voire en utilisant les transports en commun, des tas de gens effectuent un circuit Prishtina-Macédoine-Serbie-Prishtina, afin de renouveler leur tampon serbe, on appelle cela le stamp-run ! D'ailleurs, c'est étonnant qu'aucun Kosovar ou Macédonien n'ait jamais pensé à faire son beurre là-dessus en proposant des voyages organisés, il y aurait un potentiel non négligeable. Cette procédure apparaît pour tout étranger vraiment ridicule, et dénote d'une vieille tradition bureaucratique de la région. Néanmoins, selon moi, elle n'est pas si mauvaise que ça pour nous, citoyens de l'espace Schengen. En effet, elle nous rappelle qu'une frontière, ce n'est pas simple à traverser pour tout le monde. Si seulement ça pouvait servir de leçon à l'UE... 

(P.S. : comme on peut le voir, l'avantage de vivre au Kosovo quand vous êtes étranger, c'est que votre passeport se met très rapidement à ressembler à un passeport de super routard baroudeur tellement il y a de frontières proches avec contrôles policiers. En quelques mois, j'ai déjà rempli près de six pages de tampons !) 
Par Jerome Cid
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 16:30

Toute personne vivant au Kosovo ne peut pas l'ignorer : des élections vont bientôt avoir lieu. Pourquoi je dis qu'on ne peut pas ne pas le savoir ? Tout simplement parce qu'on voit la campagne électorale un peu partout. ON va dire, en gros, que près de la moitié des panneaux publicitaires à Prishtina sont utilisés par les candidats, que les murs sont remplis d'affiches, et que la télé passe sans cesse des clips électoraux. 

À voir toute cette cohue, on pourrait penser que les kosovars vont élire leur instance suprême... Eh bien même pas ! Tout ce bruit ne concerne que les élections locales, celle du maire (Kryetar) et des conseillers municipaux !

Mais au fait, comment ça se passe, la politique au Kosovo ?

C'est très simple : ça n'a rien à voir avec la politique en France ! Presque tous les partis se réclament de centre-droit (sauf un parti socialiste qui en est encore à un stade embryonnaire). En fait, il y a très peu de débats sur les idées, dans la mesure où tous les partis, il y a encore peu de temps, n'avaient qu'une seule revendication : l'indépendance ! depuis qu'ils l'ont obtenue, il faut bien reconnaître qu'il y a très peu de choses qui les différencient au niveau idéologique. D'ailleurs, plusieurs internationaux travaillant actuellement sur ces élections m'ont confié qu'ils ne cherchaient même plus à étudier profondément les programmes, vu que ça ne sert pas à grand chose. 

La politique revêt dans ce pays une forme beaucoup plus familiale qu'idéologique. Il faut dire qu'il s'agit là de l'organisation albanaise traditionnelle, très clanique, qui s'est mariée durant les siècles passés avec l'organisation administrative ottomane, qui se basait sur la souveraineté de chefs locaux. Généralement, les leaders politiques sont issus de familles qui possédaient autrefois ce pouvoir clanique. On vote donc ici plutôt pour l'homme, car on le connaît, car il va donner du travail à tes gamins plutôt qu'à ceux des autres, car il va prendre ton entreprise de BTP pour réaliser la route, car tu bosses dans une boite qui appartient à ce leader, etc.  que pour ses idées. C'est une autre conception de la gouvernance, adaptée à la vie locale. Le seul ennui, c'est qu'elle débouche sur des à-côtés parfois... gênants, comme la corruption. D'ailleurs, les affaires de ce type sont fréquentes ici.  

Mais, revenons à quelque chose de plus léger. L'étranger (que je suis) au Kosovo ne comprend donc absolument pas ce qui se passe ici, ce qui rend le spectacle de ces élections assez amusant à observer. Comme je l'ai dit peu avant, les partis kosovars mettent le paquet pour ces élections. Le paquet, certes, mais en quantité seulement. La qualité, elle, laisse un peu à désirer.

J'avais lu  il y a quelques temps le blog de Jérémie qui analysait les affiches de la CDU et de Die Linke  pour les législatives bavaroises, une analyse que j'avais trouvée intéressante, bien que je ne partage pas son analyse sur Die Linke. J'ai donc décidé de faire la même chose, bien qu'évidemment, je ne peux pas relier les affiches à l'idéologie, vu qu'il n'y a pas vraiment d'idéologie. Ca reste tout de même un bon moment de rigolade !

La vie politique kosovare est dominée par deux partis : le PDK (Parti Démocratique du Kosovo), du premier ministre Hasim Thaçi, et la LDK (Ligue Démocratique du Kosovo) du président de la république Fatmir Sejdiu. Ces deux partis sont actuellement à la tête d'un gouvernement de coalition, remis en cause par un troisième larron, l'AAK (Alliance pour le Futur du Kosovo), dirigé par Ramush Haradinaj. Il existe ensuite de nombreux autres partis (il y en aurait en tout près de 40 recensés), que je ne détaillerai pas dans ce paragraphe.

Si la coalition LDK-PDK existe au sein du législatif, il n'en est rien au niveau local. Ainsi donc, la bataille actuellement fait rage entre les deux partis pour les municipales. Au niveau de Prishtina, c'est particulièrement visible. Voyons un peu ça : 

Le maire actuel est LDK, il s'agit d'Isa Mustafa


Comme on peut le voir, l'affiche est sobre, avec un Isa qui a l'air d'avoir bien bossé : il a même retroussé les manches de sa chemise ! On peut d'ailleurs observer, au passage, qu'il porte une montre au poignet, apparemment assez sobre. D'après moi, il s'agirait d'une Vacheron Constantin, un luxueux petit artisan horloger suisse. Le modèle que semble avoir Isa Mustafa vaut, au bas mot, 10000 €. Petit jeu mathématique : sachant qu'un Kosovar gagne en moyenne 150 € par mois, calculez combien d'années il devra travailler pour pouvoir se payer cette montre ! D'après ce que j'ai compris de ce qu'il y a marqué à côté, il met en avant son bilan et ses projets. Il a l'air satisfait de son action, vu qu'il sourit. Un sourire qui fait d'ailleurs un peu peur, vous ne trouvez pas.

Mais ne nous plaignons pas ! C'est l'une des rares images que j'ai vues de lui où il a le sourire à la bouche. Prenons le cas de cette autre affiche de la LDK  qui n'est pas sans rappeler les illustrations représentant le Politburo de Brejnev !: 




Là, il ne sourit plus du tout. D'ailleurs, j'ai l'impression que ce n'est pas dans la nature d'Isa de sourire. À tel point que certains se moquent de lui en le comparant au célèbre personnage des Simpsons Montgromery Burns (le méchant patron sans scrupules de la centrale nucléaire de Springfield, mon personnage préféré de la série !),comme dans cette vidéo.


En fait, Isa Mustafa semble s'opposer de par sa communication à son principal rival, Astrit Salihu du PDK. Le contraste est frappant lorsque l'on compare l'affiche principale de campagne d'Isa et celle d'Astrit, que voici :


N'a-t-il pas l'air sympa, Astrit ? Il a fait tomber la cravate, il est pas très bien rasé, bref, il est décontracté, devant l'un des "monuments" de Prishtina, le Palais de la Jeunesse (le toit bizarre que l'on voit à sa gauche). En plus, son sourire fait moins peur que celui d'Isa Mustafa ! 

Cette affiche est, à mon sens, la meilleure de la campagne, vu qu'elle cible très bien son électorat, tout comme la campagne électorale de Salihu en général. Si le Palais de la Jeunesse est choisi comme fond, ce n'est pas par hasard. Il en est de même pour la tenue décontractée. Astrit Salihu base sa campagne sur les jeunes. Il y a quelques semaines, il a par exemple organisé un concert sur l'avenue principale de la ville réunissant tous les plus grand chanteurs kosovars pour jeunes, comme la superstar (enfin, seulement au Kosovo et en Albanie) Kaltrina Selimi. (au passage, si vous n'aimez pas cette chanson, il faut vous dire que les hits locaux sont généralement encore pires !). Mieux encore, certaines de ces affiches annoncent l'organisation de concerts underground, dans les endroits un peu in de la capitale, avec marqué en tout petit, dans une couleur telle qu'on la remarque à peine, que c'est pour soutenir Salihu ! 

Mais, le plus marrant, je crois, c'est que le PDK est allé jusqu'à engager un groupe de rap, KAOS, pour composer une chanson, dont le refrain est "Prishtina nuk funksionon" (pour ceux qui auraient du mal à comprendre : Prishtina ne fonctionne pas !), qui est une reprise du slogan de Salihu "Për Prishtinën që funksionon" (Pour une Prishtina qui fonctionne).



Le clip est en fait une succession d'images en noir et blanc de la ville, montrant des tas d'ordures, une circulation catastrophique, des rues boueuses à moitié inondées, une bouche d'égoût ouverte (regardez à 1:56. Ce n'est pas pour rien que je parle de ça : je suis tombé il y a quelques semaines dans une bouche d'égoût ouverte, ça fait très mal, et le problème est loin d'être isolé !), et bien sûr Isa Mustafa ! En clair, ça sous-entend que Prishtina est mal gérée, à cause d'Isa Mustafa. Bon, c'est vrai, la plupart des images présentées présentent de manière réaliste Prishtina (PARTICULIEREMENT la bouche d'égoût !!), sauf que cela concerne toutes les villes du Kosovo, y compris celles gérées par le PDK...

Comme on le voit, Salihu tente au maximum de rameuter les jeunes, ce qui est stratégiquement intéressant vu que la moyenne d'âge des Kosovars est de 23 ans... Cela dit, il ne se contente pas d'eux, et ce grâce à d'autres affiches, comme celle-là



Là, c'est déjà plus sérieux : il a remis la cravate. L'affiche n'est pas sans rappeler celle de Mustafa : manches retroussées, et fond en nuances de bleu. Cependant, il y a beaucoup moins de texte sur l'affiche : Astrit Salihu, pour la mairie de Prishtina, avec, en tons de bleu, le slogan du PDK répété. La posture de Salihu elle aussi est très différente, il tend la main (droite, ça évite de montrer une éventuelle montre un peu trop chère) dans une impression générale de mouvement. si l'on met donc l'affiche de la LDK et l'affiche du PDK côte à côte, on a donc, dans une forme similaire, deux messages totalement différents :

Isa Mustafa : j'ai bien bossé durant ces dernières années, la preuve avec mes réalisations et celles que j'ai en projet (le texte à droite), j'ai donc dû retrousser mes manches, mais je suis satisfait de moi, donc je croise les bras !

Astrit Salihu : Prishtina ne fonctionne pas, mais ne vous en faites pas, j'arrive pour bosser, regardez, j'ai même déjà retroussé mes manches.

On peut voir, au passage, que le sourire de Salihu paraît nettement moins forcé que celui de Mustafa ! Il joue décidément sur son physique, l'Astrit ! N'avez-vous pas envie de l'appeler tonton, avec son ai bonhomme ?

Comme je le disais plus haut, il y a d'autres candidats, beaucoup d'autres candidats. 
Ainsi, l'AAK présente  Besnik Tahiri :



On s'en doute bien, l'affiche n'a pas dû coûter très cher. Vu la tête que fait Tahiri sur la photo, peu de séances ont dû être organisées pour choisir la photo, qui, d'ailleurs, est sous exposée ! Pire encore, il me fait presque peur, Besnik, sur l'affiche ! Cela ne m'étonnerait qu'à peine qu'un homme comme ça vienne en pleine nuit chez moi avec un revolver me demander l'argent que j'aurais emprunté à un quelconque mafieux !! Plus marrant : la carte de Prishtina que l'on voit sur l'affiche est en fait tout simplement la carte touristique presque officielle de la ville, que l'on retrouve même sur le site de EULEX

Pourquoi donc une telle affiche low-cost ? Selon moi, c'est que le leader de l'AAK, Haradinaj, n'a pas la conquête de Prishtina comme objectif premier. D'ailleurs, la campagne électorale de son parti pour ces élections met très peu en avant Tahiri, mais plutôt Haradinaj himself !  La preuve en est avec d'autres affiches, plus petites, que l'on retrouve partout, où l'on voit Haradinaj (le gorille de gauche) serrer la main individuellement à chaque candidat de la liste !
  

(au passage, on peut remarquer que la candidate de l'affiche du milieu est assez jeunes. Cela m'a l'ait d'être une constante chez l'AAK que de mettre dans les listes des jeunes filles, que l'on retrouve souvent sur les affiches. Une autre stratégie pour conquérir les jeunes, particulièrement les hommes ?)

Si j'avais l'esprit un peu tordu, je serais tenté de dire qu'Haradinaj essaye plutôt de faire la pub pour sa propre personne grâce à ses élections, tout en ne se mettant pas en avant (il n'est pas candidat) pour se réserver pour d'autres scrutins beaucoup plus stratégiques, sachant que, visiblement, Tahiri a assez peu de chances comparé à Salihu et Mustafa de remporter le siège. Mais, tout le monde le sait, je n'ai pas l'esprit tordu...

 On trouve aussi d'autres candidats, beaucoup plus petits, qui auront peut de chances de remporter le siège de Kryetar, comme l'AKR : 






Vegim Gashi : lui, je l'aime bien ! Il a une tête très sympa, une tête de "vraie" personne, burinée par le temps, le travail, et certainement la rakija ! 

Le "Partia e Drejtësisë" (parti de la justice), lui, a une affiche très sobre. L'ennui pour le français que je suis, c'est que les initiales de son parti ne sont décidément pas crédibles, surtout quand elles sont marquées en gros !

 

Le candidat de l'ADK, lui, semble faire une étrange fixation sur les stylos. Sur cette affiche, on voit bien la n°2 de la liste en train d'écrire sur un papier (une quelconque décision à prendre). Sur la précédente affiche du parti, on voyait le n°1 (le monsieur debout qui approuve ce que la madame est en train d'écrire) assis, tenant bien en évidence, au centre de la photo, un gros stylo ! N'ayant pas encore trouvé d'études sociologique sur l'importance du stylo dans la société kosovare, je ne peux donc pas plus commenter cette affiche !

 

Le PSD (attention, il ne s'agit pas du parti socialiste local, le PSK), lui, se contente d'une campagne beaucoup moins chère : aucune affiche en 4x3m, seument des collages à la va-vite aux murs !  
La couleur ferait certainement hérisser les poils de pas mal de socialistes français, et jubiler une petite poignée de ces mêmes socialistes : le fond est dans un dégradé de rouge rosé et de orange ! Le candidat semble prêter serment (là aussi, vu la tête qu'il a sur la photo, il a pas dû faire beaucoup de prises pour avoir choisi celle-là ! ) . On remarquera l'influence ségoléniste : l'arrière plan de la photo, un splendide bleu ciel, semble tout droit sorti de la création du webmaster de feu le site desirsdavenir.org



 Mais le plus marrant, je crois que ça reste encore les affiches mettant en avant individuellement les personnes autres que les têtes de listes. On s'aperçoit rapidement qu'on a voulu dépenser le moins d'argent possible pour les mettre en avant, et que certaines personnes ne sont pas habituées à poser devant un appareil photo.

Dans la catégorie "photos pas chères", je crois que la palme revient aux candidats de la Ligue Démocratique de Dardanie (LDD).

 

Quand je dis que l'albanais est rusé, je ne me trompe pas ! La même photo peut servir deux pour la campagne électorale, puis comme photo d'identité pour un passeport, un permis de conduire, une carte d'identité, etc. par contre, je crois que Rexhep Miftari devrait toucher deux mots à celui qui a conçu son affiche, et qui a dû un peu cafouiller avec la saturation des rouges sur la photo ! 

Dans la catégorie "je n'ai pas l'habitude de prendre la pose", je crois que la palme revient à ce candidat de l'AAK :



Je ne sais pas trop quelle expression Ismet Berisha voulait faire passer à l'électeur, mais je crois que c'est un peu raté. Peut-être voulait-il nous dire "on ne me la fait pas, à moi", c'est en tout cas la seule interprétation que je peux en faire. On ne la fait donc pas à Ismet, s'il vous plait !

Bien évidemment, la campagne ne s'arrête pas à Prishtina, vu que les élections concernent toutes les communes du Kosovo. Généralement, les affichent gardent exactement la même apparence, le même fond, avec parfois des poses encore plus caricaturales, comme cette affiche de Mitrovica (Sud, évidemment) :



Si j'étais méchant, je dirais que les poses figées et le sourire ultra bright de ces deux sexagénaires me font penser à une pub américaine pour des fixateurs de dentiers des années 80's, mais, vous le savez très bien, je suis le plus gentil du monde ! Je vais donc juste dire qu'il semblerait que ce binôme grisonnant, avec son pouce levé sur fond de Mitrovica, veuille nous dire un message publicitaire ringard du genre "Mitrovica ? C'est extra".

Une petite dernière pour la route, trouvée elle aussi à Mitrovica, celle de l'AKR



L'affiche est ici exactement la même que pour Prishtina, même fond, même slogan, même composition. Et ce qui me fait vraiment marrer, c'est le candidat. Un peu comme Vegim Gashi pour l'AKR Prishtina, Nexhmedin Spahiu a le visage buriné par le temps, le travail et la rakija. Je me demande donc si ce ne serait pas une stratégie de la part de l'AKR : le PDK, on l'a vu, mise tout sur les jeunes (pour Prishtina), ça ne m'étonnerait donc qu'à peine si l'AKR tentait de rallier l'électorat consommateur d'alcool (et il y a du potentiel ici !). AKR, për Rakija që funksionon, ça aurait de la gueule, non, comme slogan ?

J'espère que vous aurez eu le courage de tout lire. C'est vrai, cet article est long, mais je me suis amusé comme un petit fou à l'écrire. il faut dire qu'un mois de cette campagne fait bien rire l'étranger.

Certains trouveront peut-être que je suis méchant, voire même méprisant envers la façon dont est menée la campagne ici. C'est vrai, je suis parfois un peu cynique dans cet article. En même temps, ce n'est pas moi qui ai commencé. Quand on voit tout le tapage que les partis politiques font concernant des élections somme toute secondaire, alors que le pays est le plus pauvre d'Europe, je crois qu'il y aurait des questions à se poser, mais ce n'est pas à moi de poser des questions concernant la politique intérieure kosovare... 

 

Par Jerome Cid
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 16:30

Il paraît que l'indépendance du Kosovo est un signe de l'islamisation rampante de l'Europe. C'est vrai, les Kosovars, albanais à plus de 90%, sont musulmans. Pire encore, ce sont des musulmans qui ont été convertis par les turcs. Autant vous dire que c'est un critère rédhibitoire pour l'Europe catholique telle que conçue par les Irlandais, les Polonais, les Portugais et l'extrême droite européenne en général. C'est bien connu, les musulmans se baladent constamment avec une ceinture de dynamite et quelques cailloux, au cas où il y aurait un avion à faire exploser ou une femme à lapider ! Et puis, nous le savons tous, les troupes mauresco-turques armées de leurs cimeterres sont sur les starting-blocks à Gibraltar et à la frontière turque pour laminer de l'infidèle.

 

Restons sérieux ! Pour résumer la pratique religieuse ici, les kosovars pratiquent l'islam avec encore moins de ferveur que les français ne pratiquent le catholicisme ! Il s'agit plus d'une tradition qu'autre chose : la charcuterie locale est garantie sans porc, les gens s'appellent souvent Jusuf, Sylejman, ou Lejla et les muezzins appellent à la prière. Cela dit, cela ne les empêche pas de se moquer complètement des commandements un peu trop contraignants, comme la circoncision, l'interdiction de l'alcool ou la virginité avant le mariage ! Un exemple : mes colocs ont fêté comme tous les bons musulmans la fin du Ramadan (Ramadan qu'ils n'avaient d'ailleurs pas respecté)... sauf que c'était à coups de vodka (là, c'est déjà beaucoup moins hallal, dirons-nous !).

 

Cette laïcité à la musulmane s'explique par plusieurs raisons. Tout d'abord, il y a le passé communiste du pays, enfin des pays, si l'on parle des Kosovars, partagés entre Yougoslavie et Albanie, particulièrement chez l'aigle bicéphale noir. Enver Hoxha, en son temps, a même clamé que son Etat était le première pays laïc au monde, et ce grâce à une politique... persuasive qui rangerait la Corée du Nord dans le camps des réformistes !

 

Mais ce n'est pas tout ! Il y a aussi une autre tradition, beaucoup plus ancienne : la tradition ottomane. Les turcs étaient somme toute de très fins politiciens. Ils ont rapidement compris qu'un empire multi-ethnique, ça ne pourrait pas fonctionner si Constantinople essayer d'imposer par la force une hégémonie culturelle. Hé oui, le beauf européen de bas étage ignore souvent que le monde ottoman ne se résume pas aux turcs ou aux arabes. Résultat : au lieu d'imposer ses propres règles culturelles et religieuses, les moustachus du Bosphore ont établi des règles beaucoup moins contraignantes. En clair, le deal se résumait ainsi : « vous payez vos impôts, vous nous confiez quelques garçons de temps en temps (rassurez-vous, c'était juste à but militaire, étant donné que ni Mickaël Jackson, ni Frédéric Mitterrand n'étaient déjà nés) et on vous laisse tranquilles. C'est sûr, si vous vous convertissez, on appréciera, mais vous êtes pas obligés, et ce n'est pas la peine non plus d'appliquer tous les commandements. » (de toutes façons, interdire aux gens de boire de la Rakija serait très mal passé dans l'opinion publique !). Et ce système a relativement bien marché, à tel point que des peuples comme les Bosniaques ou les Albanais se sont convertis à l'Islam, mais l'Islam version locale ! À ce propos, il y a eu très récemment un excellent article sur Balkan Insight que je recommande particulièrement concernant la religion en Bosnie (en anglais).

 

L'islam à la kosovare est donc une religion que j'apprécie beaucoup en tant qu'athée ! Mieux encore, l'image qu'il donne de la religion est bien plus moderne que toutes les billevesées que peut dire le Pape. Eglise, enfin mosquée et Etat sont séparés, et la religion est désormais plus une question de morale qu'autre chose, une morale que l'on peut transgresser si elle est trop contraignante (le coup de la chasteté avant le mariage, par exemple !). Si tous les peuples pratiquaient la religion comme le font les kosovars, aussi paradoxal que cela puisse paraître dans un pays qui est un bazar géopolitique sans nom, le monde irait peut-être mieux...

Par Jerome Cid
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 14:11

 



Et oui, j'avais oublié les filles et femmes. Je peux vous dire qu'il ne s'agit pas de prostituées, contrairement à ce que peut en dire leur réputation (et Francis Kuntz dans la vidéo ci-jointe), je n'ai d'ailleurs pas encore vu le rimmel d'une seule d'entre elles ici. Généralement, elles sont habillées assez bien, parfois certes un peu découvert, mais jamais vulgaire. Le seul inconvénient, c'est qu'elles ont tendance à aimer le port du jogging, ce qui n'est pas forcément du meilleur goût. Comme leurs homologues masculins, les Albanaises sont grandes, très grandes, d'autant plus qu'elles ont l'habitude de porter des talons très hauts, ou des espèces de gros talons compensés qui donnent l'impression qu'elles marchent avec des parpaings aux pieds. À côté d'elles, j'ai l'impression d'être Sarko au millieu de plein de Carla Brunis !

 

Je n'ai pas encore osé dire à mes colocs que les albanaises avaient la réputation d'être des prostituées en France, car je crois qu'ils n'apprécieraient pas tellement. Les kosovars sont en effet très fiers de leurs femmes ! On m'a ainsi dit à maintes reprises « tu as vu nos filles, elles sont belles hein ? » Et vu comment la question était posée, il valait mieux répondre que oui, bien que je n'ai jamais trouvé que les filles soient plus ou moins belles d'un pays à l'autre, mais je crois qu'ils auraient très peu apprécié que je leur dise que les serbes sont aussi belles que les albanaises !

 

Concernant le rôle de la femme dans le pays, c'est assez mitigé. Elles sont libres, voire même très libres. Je n'ai encore vu aucune burka, et n'ai entendu personne tenir des propos franchement réducteurs quant à la question féminine. Le foulard, un petit nombre en porte, mais il s'agit plus d'une tradition que d'une réelle marque de la foi. De toutes manières, je n'ai jamais considéré le port du foulard (j'ai bien dit du foulard et non de la burka, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit) comme d'une réelle offense à la femme, dès l'instant qu'il s'agit de son libre consentement. D'ailleurs, quand on va dans les Balkans, on se rend compte qu'il s'agit plus d'une marque de tradition de pudeur qu'autre chose, ce voile. D'ailleurs, si l'on observe bien, même les vieilles babas serbes portent un voile qui y ressemble vaguement, c'est dire que la religion n'a pas grand chose à voir là-dedans. Cependant, on retrouve un peu parfois la vieille tradition machiste du sud de l'Europe, notamment dans la répartition des tâches ménagères. Un jour, un kosovar m'a bien dit « why don't you get an albanian girl ? She will make your cooking and your laundry ». Je lui ai répondu qu'en France, la cuisine était aussi une affaire d'hommes ! Mais bon, il reste tout de même que la kosovare a l'air d'être pourvue d'un sacré tempérament, et que je n'aimerais pas aller l'embêter quand il ne faut pas !

Par Jerome Cid
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